De l'égalité des sexes


Je suis installée avec le Chéri depuis six mois à présent, presque tout pile. Ne vous méprenez pas à cause de la suite de l'article, tout se passe à merveille et j'ai la chance d'avoir un amoureux exceptionnel. Je ne l'échangerais pour rien au monde. Seulement voilà, en tant que féministe dans l'âme, révoltée notoire depuis le berceau, il y a des choses au quotidien qui ont le don de m'agacer.

Mon homme ne cuisine pas. C'est un fait, je l'ai toujours su et il aurait tendance à y répondre «tu savais que j'étais comme ça lorsque tu m'as choisi». Certes. Il n'aurait pas tort. Contrairement à lui, j'aime cuisiner. Quand j'en ai envie, quand je suis inspirée, pour des évènements particuliers ou pour tenter de nouvelles choses, j'aime cuisiner. Seulement voilà, cuisiner tous les jours, cuisiner après une journée de 10 heures de boulot, cuisiner alors que je dois réviser, alors que j'ai de la fièvre, etc, j'aime beaucoup moins. Mais il ne prend pas le relais. 

Au départ, je n'y voyais pas particulièrement d'inconvénient. Et puis le temps a commencé à passer, et moi à m'inquiéter. Et quand nous aurons des enfants ? Quand notre quotidien sera devenu si chargé que j'aurais à peine cinq minutes à me consacrer, qu'est-ce que ça me fera de savoir que je ne peux pas compter sur lui pour me soulager de ce côté là ? Je sais que ça peut sembler ridicule, que des tas de femmes s'en accommodent très bien, mais ce n'est pas mon cas. 

J'ai essayé d'en discuter avec lui, plusieurs fois, mais il est catégorique. «Je n'aime pas ça», qu'il me répond. Et moi, je ne peux m'empêcher de me demander : et si moi non plus, je n'aimais pas ça ? Il part du principe qu'après tout, puisque c'est lui qui va s'occuper toute sa vie du bricolage, je peux m'occuper toute ma vie de faire la cuisine. J'ai pour ma part un peu de mal à comparer l'activité à caractère très exceptionnel qu'est le bricolage (surtout chez nous) avec l'activité quotidienne et obligatoire qu'est la cuisine. Je n'ai pas le choix, je ne peux pas m'y soustraire puisqu'il nous faut manger. Alors quand je m'énerve un peu, décidant que je ne cuisinerais plus (résolution qui dure généralement deux heures à tout casser) il rétorque qu'il fera des pâtes ou commandera une pizza. Tous les jours. Il s'en fiche. Alors voilà, l'égoïsme de l'homme le pousse à penser qu'il est du devoir de la femme de cuisiner. Et moi, s'il me prend l'envie de me nourrir correctement, je n'ai d'autres choix que de m'y résoudre.

Attention, je ne dis pas là que c'est une généralité chez les hommes. Mon père, par exemple, cuisine bien plus souvent que ma mère à la maison. Il l'aide, en réalité, dans toutes les tâches ménagères. Je crois bien n'avoir jamais vu un couple où tout était si équitablement réparti. Peut-être est-ce justement parce que j'ai eu cet exemple si parfait que je suis incapable de me résoudre à moins ? 

Mon chéri, en revanche, a été élevé dans une famille où sa mère était la seule à mettre les pieds dans la cuisine, où il était primordial que le père puisse, en rentrant du travail, mettre les pieds sous la table et où les plus grosses parts sont toujours servies aux hommes (ce qui, pour un soucis d'équité, a le don de m'agacer également). Alors puis-je le blâmer de chercher à reproduire le seul modèle qui l'a connu et qui, pour lui, est forcément synonyme de modèle à suivre ? 

Force est de constater que, pour beaucoup de personnes encore, il est des tâches qui sont propres aux femmes, comme il en est d'autres qui ne sont pas faites pour elles. Et j'ai, trop souvent, le désagréable sentiment que les hommes qui partagent les tâches ménagères nous rendent un service. Comme si ce n'était pas aussi leur devoir, pas aussi leur maison. Le mien n'est, fort heureusement, ainsi qu'à propos de la cuisine, mais j'entrevois parfois un côté macho bien enfoui qui montre le bout de son nez et j'admets avoir bien du mal à savoir comment réagir face à cela. Parce que j'aimerais, au fond, ne pas avoir besoin d'expliquer, ne pas avoir besoin de justifier quoique ce soit. 

1 commentaire

  1. Est-ce qu'il fait les courses et la vaisselle ? Car faire les courses et la vaisselle, je trouve que ça compense bien. Je n'en veux pas trop à mon copain de ne pas cuisiner souvent car au niveau courses et vaisselle il compense. Il a été élevé par une mère qui ne lui a jamais expliqué comment cuisiner et qui était contente de le servir. Du coup, je lui ai déjà montré comment faire une soupe, en faisant la soupe ensemble avec lui, par pour lui reprocher de ne jamais en faire, mais pour lui montrer comment on fait, en jouant la coach. Du coup maintenant si je suis malade il sait me faire une soupe réconfortante :-)

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